Salon de L'Autre Livre | édition indépendante

L’Autre Livre : à édition plurielle, société heureuse

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Comme chaque année, l'association L'Autre Livre organise son salon éponyme.

Depuis sa création en 2003, elle et ses 200 éditeurs adhérents revendiquent l'importance d'une édition libre, indépendante, plurielle, et comme la culture elle-même, "trublion, rebelle, insoumise et ouverte à l’autre", face à la marchandisation du livre et l'étiolement de la culture dans la production des grands groupes.

La douzième édition du Salon de l'Autre Livre fournit l'occasion de soulever deux questions essentielles :

>> quel est le rôle de l'éditeur dans notre société ?

>> et est-il compatible avec le système capitaliste tel qu'il existe aujourd'hui ?

L'éditeur, la culture et la société

Revenons aux fondamentaux : le rôle premier de l'éditeur est de diffuser et promouvoir la culture littéraire auprès des lecteurs.

La culture a pour objet le bien-être des individus, par leur enrichissement intellectuel et l'exercice de leur esprit critique, et par là, la construction d'une société heureuse, équilibrée et démocratique puisque fondée sur un peuple éduqué et conscient des enjeux sur lesquels il est appelé à se prononcer.

La mission de l'éditeur est donc basée sur un équilibre délicat entre le bénéfice intellectuel et social, le cœur de sa mission, et le bénéfice financier, qui doit lui donner les moyens pour accomplir le premier.

Or l'industrialisation de l'édition et de la culture en général (le lexique lui-même en témoigne : on parle aujourd'hui d'"industries culturelles") semblent inverser le but et le moyen. Le livre devient une marchandise quelconque, un objet de consommation, de masse de préférence, au succès programmé.

Edition et industrie

C'est ainsi qu'avec la disparition de l'audace et du risque, la plupart des livres aujourd'hui en circulation s'apparentent plus au divertissement qu'à la culture véritable.

Et qu'est-ce qui distingue la culture du divertissement ? L'interaction dialectique selon Baudrillard (2000). Le divertissement est passivement reçu et fait passer le temps, quand la culture crée une réaction interne, un processus actif dialoguant avec ce qui n'est pas la culture, soit "la matière première de l'expérience de vie" (E.P. Thompson, 1961). Après le divertissement, on est le/la même qu'avant, on n'a rien appris.

Et une société qui n'apprend rien et se laisse divertir des véritables enjeux est à la merci de manipulations et d'abus de pouvoir.

Il serait donc temps, effectivement, de distinguer ces deux engeances que tout oppose déjà : les éditeurs et les "industriels de la culture".

Que faire en attendant ?

Si vous croyez à la culture comme pilier de la démocratie, si vous voulez soutenir les petits éditeurs, si vous êtes amateur ou simplement curieux, notez dans vos agendas que :

le Salon de l'Autre Livre 2016 se tiendra à l'Espace des Blancs Manteaux, 48, rue Vieille du Temple, 75004 Paris

>> Vendredi 11 novembre 2016 : de 14 à 21h

>> Samedi 12 novembre 2016 : de 11 à 21h

>> Dimanche 13 novembre 2016 : de 11 à 19h

D'ici le 11 novembre, vous pouvez visiter le site de l'Association L'Autre Livre , et télécharger son Livre blanc pour l'édition indépendante.

 

"la culture (et donc nos livres) est par tradition, mais aussi par son essence même, à la fois trublion, rebelle, insoumise et ouverte à l’autre"

Gérard Cherbonnier,
Président d'honneur de L'Autre Livre

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